Enfin!! La Vasa

4h45 : Les réveils sonnent au chalet alors qu'à l’école (pour mes amis venus me supporter) les premiers réveils dans le gymnase ont sonné à 3h00 !!!. A 3h30 les lumières du gymnase étaient allumées !!!Bienvenue à la Vasa.
 
5h00 Petit dej classique. Seul un sur les 7 mangera des pâtes. Pas moi
 
5h40 Départ pour la ligne de départ.
 
6h00 on arrive à proximité mais on est stoppé et parké à 1 km du départ. Au bout de la ligne droite du départ. Les avis divergent : Il y a les « on y va » contre les « on reste au camion car on va pas attendre 2 heures dehors par -10 ». Puis finalement, tout le monde sort et se disperse pour rejoindre la ligne. Je pars donc dans la nuit, à ski avec les bâtons dans une main et mon gros sac dans l’autre. 1 bon km de ski sans bâtons avec valise…c’est super !  89km ne semblaient pas assez pour la journée!!
6h15 Arrivée au Stade de départ…C’est incroyable. Devant chaque entrée de ligne des queues qui zigzaguent sur 100, 200 ou 300m de long (par ligne). Il est 6h15 soit presque 2 heures avant le depart et dejà tout le monde est là. En fait c’est super organisé et tout le monde fait la queue pour aller poser ses skis sur la ligne et ensuite retourner au chaud jusqu’au depart. Vu la queue à  6h15,  les gens ont dû arriver bien avant 6h00. Toutefois, ça va vite et à 6h45 mes skis sont en place sur la ligne.
Pendant ce temps sur un podium au milieu de chaque ligne de départ, des jeunes filles font des mouvements sur de la musique pour aider les gens à se rechauffer ou à s’echauffer. Ambiance de feu.
7h15 Passage par la tente magasin pour se préparer au chaud et finir de s’habiller puis vers 7h40, je rejoins le portillon 7 en remettant mon gros sac au camion prévu à cet effet. Un semi remorque est prevu par tranche de 1000 coureurs. Il les transportera jusqu'à l’arrivée. Je retrouve ensuite mes cop’s suédois. Je leur remets tous mes blousons et je rentre dans le stade de depart.
7h50 quasiment tout le monde est en place et je découvre l’utilisation des sacs. Les gens ont remis au camion leur valise et utilise les sacs plastiques simplement pour remettre les vêtements chauds qu’ils enlèvent sur le ligne quelques secondes avant le départ. Les sacs sont alors soit abandonnés sur la ligne, soit jetés dans le conteneur placé à coté de chaque ligne et au milieu de chaque ligne. Mes cop’s me diront que ensuite un bulldozer vient ramasser les tas de sac dans le stade de départ !

La course


8h00 Enfin c’est parti. On l’a voulu…nous y voilà........ -9 au thermomètre !!
Km 1 : La ligne de depart tourne vers la droite et on arrive au fameux goulet. On piétine pendant 2 km en montée puis en arrivant en haut, on peut enfin skier un peu. Toutefois, on ne skie pas à son  propre rythme car il y 8 files avec du monde en continu dans toutes les files mais ça avance correctement. Il faut dire qu'en étant en ligne 7, j’essaye de ne pas trop faire mon boulet. On voit de tout sur la piste …gourdes, buff, blousons jetés sur le coté, et évidemment beaucoup de bâtons cassés.
 
Km 10 :  j’atteins rapidement ce premier ravito. Ce qui me frappe c’est que ce ravitaillement est au mileu de nulle part. Résultat: le  peu de spectateur est visiblement venu en moto neige. Je compte plus de 50 motos neige.
Je passe assez rapidement mais je prends néanmoins de l’eau. Je ne trouve rien à manger.
 
Km 15 : En fait je ne suis pas bien. J’ai soif mais il y a trop de monde pour que j’arrive à  prendre ma gourde en skiant. J’ai bien essayé  mais j’ai failli en planter un avec mon baton. De maniere globale, je sens que je ne suis pas dedans. Je rame. Tous les km sont indiqués et alors qu'habituellement ça passe vite en debut de course…tous me paraissent longs. Je pense au message de Lilian qui dit que les 20 derniers se font au moral et je me dis que je suis parti pour une longue galère. Au km 15 de la transju qui en compte 50 : je volais et là je suis scotché ! Je ne suis pas prêt à abandonner car je suis pas fatigué physiquement mais je me dis qu'il est vraisemblable que la machine soit epuisée avant  la mi-course.! Mais on verra bien.
 
Je vois 2h00 sur ma montre. C’est globalement le temps des sorties que je fais habituellement …sauf que là il  reste quasiment 70 km …C’est dur dans la tête
 
Ensuite, j’ai peu de souvenir jusqu’à la mi-course si ce n’est que je vois les panneaux de chaque km (66, 65, 64…) et que ça me parait une éternité. Tout le monde dit qu’il y a un moment où on passe en automatique et qu'on skie sans recflechir et que les kilomètres defilent. Eh bien pour moi ils ne défilent pas.
Je ne  me souviens pas des deux ravitos qui suivent si ce n’est que j’ai soif et faim et que je bois beaucoup de leur soupe à la myrtille qui est excellente. Par contre je n’ai pas pris de barre ou de gel pensant qu'on serait fourni au ravitots comme en France Je dois donc me contenter des petits pains qui sont les seuls aliments solides fournis.
 
En repartant du ravito, je m’arrête pour pipi. Faut faire vite car pendant l’arrêt cela passe en continu sur 8 files !! Mais je me dis que vu mon état, le temps compte peu et que si j’arrive au bout je serai content. Du coup j’en profite même pour appeler le fan club suedois…Messagerie mais je leur indique à quel km je suis au cas où  ils m’aient loupé.
 
Quand je vois un panneau au loin, je baisse la tête en passant devant pour me donner l'illusion que les kms descendent plus vite…mais c’est utopique…je sais très bien où  j’en suis et il n’y a pas de bonne surprise quand surgit le suivant.
 
Je vois bien le panneau 50km et je me dis qu’il reste plus qu’une Transju …mais à ce moment je suis "cuit de chez cuit" mais vivant alors ... je continue.
 
Km 47:  Ravito de Eversberg, Je ne suis pas bien du tout, je rame vraiment. J’ai vraiment le moral dans les chaussettes. Je croise les doigts pour voir du monde et je cherche. Bingo les supporters sont là!! Je m’arrête et je discute. Ca me fait du bien. Je suis content. En plus j’apprends qu'en France je suis suivi sur Internet et donc je suis content car je n’etais pas certain que ce soit possible. Je recupère de la soupe à la myrtille pour les cop’s et ils me poussent à repartir mais je ne suis pas pressé. J’abandonne ma gourde gelée et je me sens plus léger. Ca va mieux, en plus la piste descend un peu. Le ravito suivant arrive vite et les 15km jusqu'à Oxberg passent à une allure correcte.
 
Km 62:  Oxberg, nouveau ravito et de nouveau le fan club qui a trouvé de l’eau à temperature ambiante. Ca va un peu mieux mais c’est mental car physiquement je rame toujours autant. J’ai mal partout sous la plante des pieds, aux bras et surtout à un genou qui est bloqué !!! Du coup, j’ai du mal à faire le pas classique et je pousse au maximum sur les batons avec les bras. Je commande du chocolat pour le prochain ravitaillement et surtout le profil de la course
 
Km 71 Hokberg : je récupère le chocolat…j’apprends mon temps estimé pour l’arrivée et je regarde bien le profil car je ne les verrai maintenant qu'après la ligne. Il me reste 18km. C’est à la fois rien par rapport à la distance parcourue mais c'est énorme quand on ne peut plus avancer.
 
Les 15 derniers km : A partir de là, j’observe plus les gens autour et je me rends compte que ces nordiques si élégants dans le style les premiers kilomètres sont maintenant empruntés. A leur style, je vois qu’ils sont cuits cuits cuits comme moi!. Et pourtant personne ne dit rien et tout le monde avance sans regarder autour. Ca me frappe, c’est comme une procession ou un chemin de croix. Personne ne se pose la question de savoir s' ils vont arriver. Ils vont à Mora,  un point c’est tout. Quelque soit l’etat et le temps que cela prendra. Et je réalise qu’il est impossible d’abandonner a moins de se blesser. On est dans un flux qui avance vaille que vaille. A gauche et adroite il ont 20 50 ou 85 ans …et avanceront à leur ryhtme tant que la voiture balai ne les aura pas rattrapés ! dans un silence de cathédrale !!!
Les derniers km ne passeront pas plus vite que les précédents. Le profil annonce une descente les 5 derniers km et pour en avoir discuté après la ligne…Personne n'a senti  cette descente. On souffre jusqu’au bout. Dans la dernière ligne droite, certains accelerent mais pour moi l’objectif est simplement d’arriver au bout. Je n’ai pas goût a essayer de gagner une place. Cette derniere ligne droite est tout de même bien sympa avec tout le public.
 

9046 ème en 8h53mn12s


Je suis content, j’ai reussi à finir. Mes potes suédois sont là juste à  coté de la ligne et me disent que je fais dans les 9000 en – de 9h00. C’est marqué sur l’écran mais je n’ai pas la lucidité pour le voir. Même si dans ma tête, j’estimais pouvoir faire dans les 8 heures, je suis particulièrement content d’avoir terminé, qui plus est, avec ma forme du jour. En plus j’ai été emerveillé par tout ce que j’ai vu et vécu autour de cette course.
 
Par contre sur le moment, je suis d’accord avec tous les commentaires écrits par des gens ayant fait la Vasa : « Plus jamais ça ». Mais comme eux également, quelques jours après, on se dit qu’on y retournerait bien quand même.
 
Passé la ligne, l’organisation reste fantastique : on est orienté en fonction de sa couleur de sac : Consigne à skis puis bus jusqu’au terrain de foot local où on retrouve nos sacs dans la neige (ca va être bon d’enfiler un teeshirt gelé !!). Puis gymnase avec douche et eventuellement massage, puis repas Vasaloppet à la patinoire transformé en self avant de reprendre le bus pour retourner à la consigne ….puis dire au revoir à tout le monde pour aller se coucher.
 
Dans les petits instants sympas, j’ai adoré le gars  à côté de moi au gymnase qui, après la douche a essayé pendant une minute de mettre son caleçon. Il n’arrivait pas à soulever la jambe.
 
Sur le retour vers Stockholm, après 2 heures de route, en s’arrêtant à une station service, jai croisé un gars qui marchait comme moi,  comme si on lui avait attaché les deux chevilles avec une cordelette de 5cm: on avait, à coup sûr, fait la même chose aujourd’hui !!
 
Petite pensée particuliere pour  Nico (il se reconnaîtra) qui était le seul du groupe à partir avec des skis à ecailles et qui a fini en 11h11 !!! J’ai beaucoup pensé à lui pendant la course et regardé s' il ne  me rattrapait pas aussi (parti en ligne8). Je me suis dit toute la journée qu’avec ses skis (qui ne devaient pas glisser), j’aurais sûrement abandonné et je me demandais dans quelle galère il était. J'en profite pour remercier  La Grange aux Skis à Autrans qui m’a fourni le matériel spécifique à cette Vasaloppet.
 
Ce fut vraiment une super saison de ski, qui se conclut  (ou presque, il reste encore une ou deux courses à côté de la maison qui me branchent) par une Vasaloppet fantastique et un Sportif Du Dimanche à sa place en 9046 eme position !!!
 
Résultat du jeu d’ici quelques jours et envoi des lots d’ici la fin mars pour tous les gagnants.
 
Je mets les photos ce week end. Quant au GPS, il s’est eteint à quelques km de l’arrivée (autonomie de 8h) et pour le moment je n’arrive pas à récuperer les données.

   




















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